5
sept.
10H36

Du vent et du spectacle de haut-vol !

Après une nuit de repos bien mérité à la suite de la grande course de 150 milles entre Roscoff et Douarnenez, les six équipages du Grand Prix Valdys – Multi50 avaient rendez-vous, ce mardi, pour le Trophée Triple A. Et s’ils ont d’abord patienté le temps que le vent s’établisse en baie, ils ont ensuite enchaîné deux belles courses dans une brise qui a pris des tours au fur et à mesure de la journée, assurant ainsi le spectacle et garantissant un maximum de sensations à leurs invités du jour, parmi lesquels le chef triplement étoilé Christian Le Squer, le mannequin Yazemeenah Rossi, ou le pilote automobile Olivier Panis.

Si les deux premiers volets du Grand Prix Valdys – Multi50 se sont joués dans de petits airs, le troisième, qui s’est ouvert à Douarnenez ce mardi, s’est disputé dans des conditions quasi parfaites, avec un flux de nord qui a forci au cours de la journée pour finir par se stabiliser entre 15 et 18 nœuds. « Quelle journée ! Du médium ce matin et de la brise cet après-midi : on ne pouvait pas être beaucoup mieux servis ! Franchement, c’était top. Dans ce type de vent, nos bateaux sont puissants. Ils filent à 20 nœuds au près et jusqu’à 25 au portant, pratiquement sans effort, c’est un bonheur », a commenté Lalou Roucayrol, auteur d’une très belle journée avec une victoire puis une 2e place, exactement le même score que celui réalisé par Erwan Le Roux et sa bande sur FenêtréA – Mix Buffet. C’est cependant ce dernier qui remporte le Trophée Triple 1, les règles stipulant qu’en cas d’égalité, la dernière manche fait la différence. « On est super content, du résultat bien sûr, parce qu’aujourd’hui, on a gagné notre première course sur ce Grand Prix Valdys - Multi50, mais aussi et surtout parce qu’on a vraiment passé un cap à bord. Les manœuvres commencent à rentrer et il n’y a plus besoin de paroles. Je suis aussi vraiment satisfait parce que le bateau, sous gennaker, est exceptionnel. Il est parfaitement équilibre et les sensations sont incroyables. C’est le fruit du travail que nous avons réalisé cet hiver et quand je pense à la Route du Rhum, forcément, ça me fait plaisir », a commenté le marin morbihannais qui reste deuxième au classement provisoire, toujours à un point du leader, Arkema.

Des sensations à tous les étages

« C’est statu quo mais on remet des points à ceux de derrière. Ce n’est donc pas une mauvaise opération », a détaillé Erwan qui a pourtant pensé avoir fait la différence dans la deuxième manche en intercalant à la fois Réauté Chocolat et Solidaires en Peloton – ARSEP entre lui et son adversaire pendant un moment. « C’est vrai qu’on a passé la dernière marque du parcours en 4e position mais on a finalement à revenir grâce à un très belle vitesse pure au portant », a commenté Lalou Roucayrol qui a pu faire parler toute la puissance de sa machine et ainsi littéralement sidérer les invités du jour, à commencer par Olivier Panis, le célèbre pilote automobile, pourtant habitué aux hautes vitesses. 

« J’ai eu la chance d’embarquer à bord de Ciela Village au côté de Thierry Bouchard. Je me suis régalé et j’en ai pris plein les yeux. Dès qu’il y a du vent, les bateaux réalisent des accélérations incroyables. Il faut beaucoup de maîtrise et de rigueur pour tout contrôler », a relaté le vainqueur du Grand Prix de Montréal 1996 en Formule 1, ravi d’avoir, en prime, eu l’opportunité de barrer le 50 pieds du marin méditerranéen. « Le trimaran est hyper réactif. J’ai vraiment été étonné de la facilité à le piloter, même si j’ai bien conscience qu’au large, ça doit être une toute autre paire de manches. J’ai vraiment passé une journée fantastique et j’ai pu retrouver beaucoup de similitudes avec le sport automobile, dans l’esprit d’équipe mais aussi dans l’approche technique », a indiqué Olivier Panis qui avait, par le passé, été parrain du 60 pieds ORMA La Trinitaine de Marc Guillemot et qui s’est dit impressionné par les progrès réalisés ces dernières années, sur ces Formule 1 des mers.

Une expérience à vivre et à revivre

 « C’est vraiment à refaire ! », a conclu le Lyonnais, entièrement rejoint, en ce sens, par le chef triplement étoilé Christian Le Squer. « J’ai passé un incroyable moment sur l’eau avec Erwan Le Roux et son équipe. Observer les marins tactiquer et élaborer leur stratégie : j’ai trouvé ça extraordinaire ! J’ose à peine imaginer ce que représente manœuvrer un tel bateau dans la tempête, ni le courage et l’audace qu’il faut pour le tenir quand les éléments sont déchaînés. Finalement, la course au large, c’est comme la gastronomie ! En cuisine, lorsque l’on démarre le service, on appelle ça le coup de feu, toute l’équipe s’active. Sur un bateau, c’est pareil. Les équipiers courent sur le filet comme les petites mains en cuisine pendant le service de midi. C’est une compétition permanente », a raconté Christian qui, pour la petite histoire, a fréquenté le même lycée que le skipper de FenêtréA – Mix Buffet, à Vannes. « J’ai grandi proche de la côte et plus jeune, pour me faire de l’argent, avec les copains, on mettait des casiers. La mer fait partie de mon ADN. Je la connais. La preuve, aujourd’hui, je n’ai pas été malade ! », s’est amusé le chef.

Classement du Trophée Triple A : 

1. FenêtréA-Mix Buffet, 3 pts ; 2. Arkema, 3 pts ; 3. Solidaires en Peloton – ARSEP 7 pts ; 4. Réauté Chocolat ; 5. Ciela Village 10 pts ; 6. La French Tech Rennes Saint-Malo 12 pts.

Classement général (après 6 courses) : 

1. Arkema (Lalou Roucayrol) 16 pts ; 2. FenêtréA – Mix Buffet (Erwan Le Roux) 17 pts ; 3. Solidaires en Peloton (Thibaut Vauchel-Camus) 26 pts ; 4. Réauté Chocolat (Armel Tripon) 28 pts ; 5. Ciela Village (Thierry Bouchard) 38 pts ; 6. La French Tech Rennes Saint-Malo (Gilles Lamiré) 43 pts.

Didier Coton, CEO de Triple A : 

« Il était important pour Triple A de participer à ce Grand Prix Valdys – Multi50. Et pour cause, notre métier, c’est l’accompagnement des athlètes dans la recherche de la performance et dans la construction de leur carrière. Les marins qui naviguent sur des multicoques comme ceux-là, sont des grands sportifs. Il y a, chez, eux, une recherche de performance à tous les flots. C’est exceptionnel. Aujourd’hui, j’ai eu la chance de naviguer à bord d’Arkema et de Réauté Chocolat. C’est franchement une expérience que je souhaite à tout le monde. Ça ouvre les yeux sur pas mal de choses, sur le plan de la performance, mais aussi de la technique. J’ai vraiment appris énormément aujourd’hui sur l’eau. »